Les capteurs de la reconnaissance

L'oeil du pilote, en reconnaissance, est l'atout majeur de la réussite d'une mission. C'est lui qui visualise l'objectif. Et même si la mémoire - ici visuelle - peut être fidèle, elle n 'est jamais prise comme une garantie. Dès lors, le pilote dispose d'une panoplie de capteurs qui fixent pour lui, et définitivement, les sites ou matériels à identifier. Petit tour d'horizon de ces " voleurs " d'images.

ASTAC

Ce pod sert au renseignement électronique, autrement dit à l'écoute. Il permet la détection et la localisation des radars de veille ou de désignation d'objectifs. Il balaie une zone géographique prédéterminée dans une gamme de fréquences ; les systèmes en train d'émettre sont alors localisés.  

Super Cyclope

Ce capteur thermographique est embarqué à bord du Mirage F1 CR dans une petite trappe escamotable, située sous le ventre de l'appareil. L'intérêt du Super Cyclope est de donner des renseignements sur l'activité d'un site. Un avion qui a pris le soleil toute sur la journée sur un parking laissera au sol en partant la trace de son ombre. Quelques temps après le départ de cet avion, sa trace sol sera encore visible. Toutefois, les interprétateurs photo doivent rester vigilants dans leurs analyses des images infrarouges et se méfier des imitations. Ainsi lors de la guerre du Golfe, des leurres de chars, gonflés à l'air, possédaient de tous petits moteurs thermiques pour imiter le dégagement de chaleur.
Dans ce contexte, le " flair " des interprétateurs intervient. Les informations sont enregistrées sur bande magnétique et peuvent être transmises vers la cabine SARA, en direct ou en différé. L'interprétation des vues est alors réalisée avant même le retour du Mirage F1 CR.

Omera 40

Cette caméra permet de réaliser des prises de vues d'horizon à horizon, c'est-à-dire sur 180°. Sa mise en marche peut être programmée, par l'intermediaire de la centrale inertielle, ou déclenchée manuellement par le pilote. Les informations de position et de cap du Mirage F1 CR sont alors simultanément imprimées sur le bord du film.

Omera 33

Cette caméra reprend à l'identique le fonctionnement de l'Omera 40. Mais à la différence de cette dernière, les prises de vues s'effectuent à la verticale de l'objectif à photographier en moyenne altitude. On le comprend aisément, cette batterie de capteurs mise à la disposition du pilote de reconnaissance a considérablement amélioré le recueil du renseignement. Par ailleurs, les capteurs sont complémentaires et couvrent tout le spectre électromagnétique, visible, infrarouge et radar.

Nacelle SLAR "Raphael TH"

Il s'agit d'un radar qui se présente sous la forme d'un pod de 600 kg, placé sous le fuselage du Mirage F1 CR. Le Raphael TH fait de l'imagerie radar. Une antenne balaie une zone et restitue une image de grande qualité, qui donne les positions du matériel sur le terrain. Le SLAR (Side Looking Airborne Radar), c'est le nom du système, a été essentiellement conçu pour détecter de l'activité jusqu'à 100 km à l'intérieur des lignes adverses tout en laissant l'avion à l'abri des menaces. Au jour J, l'avion traite une zone et constitue un référentiel. Le lendemain, un nouveau passage est effectué de manière à permettre une comparaison avec ce référentiel. À noter que le Raphael TH est le seul capteur de reconnaissance insensible aux conditions atmosphériques, avec l'ASTAC.